Gasquet craque

Gasquet craque
Au terme d'un match superbe, Richard Gasquet a finalement dû s'incliner au bout de cinq sets (7/6 4/6 6/3 6/7 6/1) de très haut niveau face à un Marat Safin tout simplement monstrueux au service. Le sort de la France est désormais dans les mains d'Arnaud Clément.


Avant ce premier match, Guy Forget ne devait guère être rassuré. Privé de son leader naturel, Sébastien Grosjean, handicapé par des douleurs dorsales, le capitaine de l'équipe de France devait tout miser sur Richard Gasquet pour apporter le premier point aux Bleus et permettre ainsi à Arnaud Clément de jouer sereinement son rôle de joker face à Davydenko. Seul souci pour le 16e joueur mondial, en deux rencontres contre Marat Safin, il n'est pas parvenu à lui prendre le moindre set. Mais à la décharge du joueur tricolore, ces deux défaites remontent à la saison 2002, à une époque où le Biterrois découvrait le circuit et évoluait à un niveau à cent mille lieues de celui qui est le sien aujourd'hui, même si depuis le début de l'année 2006 celui-ci paraît bien fluctuant. Signe de ce manque de confiance et de la tension évidente qui devait l'animer au moment de pénétrer sur le court du Palais des Sports de Pau, Gasquet paraissait bien timoré sur les premiers échanges. Pour se décrisper, le numéro 1 français prenait alors d'assaut le filet avec une certaine réussite, contraignant Safin à évoluer loin derrière sa ligne de fond de court. Mais si le Russe était placé sur le reculoir, son service, lui, fonctionnait à merveille d'entrée, avec une pelletée d'aces et de services gagnants. Et même lorsque le Français se procurait la première balle de break à 2-1 en sa faveur, l'ancien numéro 1 mondial l'écartait d'un missile sans pitié.

Tie-break fatal
Pire, Safin, lui, prenait la mise en jeu du Français dans la foulée. Après deux premières balles de break sauvées parfaitement par le joueur tricolore, la 3e s'avérait fatale (2-3). Entre les deux joueurs débutait alors un bras de fer d'une intensité incroyable. Les coups gagnants se succédaient les uns aux autres et le match atteignait vite des sommets. Pas impressionné par les exocets du Russe en première balle, le numéro 1 tricolore ripostait par des fusées en coup droit à la précision démoniaque. Si bien qu'à 3-4, Gasquet refaisait son break de retard sur une approche de revers out de Safin. Revenu à 4 partout, le Biterrois enchaînait un troisième jeu de suite pour repasser devant (5-4) et mettre la pression sur son adversaire. Une tactique qui ne déstabilisait pas le Russe, imperturbable jusqu'à 3 points à 0 pour lui dans le tie-break. Alors que l'on sentait déclinant, le Français renaissait alors de ses cendres et remportait quatre points comme à la parade, avec pour conclure un retour gagnant fabuleux sur un deuxième service de Safin (3-4). Malheureusement, ce coup de génie allait se révéler être le dernier de la manche. Un lob du Russe stoppait en effet la série victorieuse de Gasquet, avant qu'un ace à 226km/h et un service gagnant presque du même acabit ne vienne l'assommer pour le compte (7/6, 7 points à 4).

Gasquet ne recolle qu'un temps
Alors que l'on aurait pu croire le Tricolore touché par ce scénario défavorable, il réagissait au quart de tour en prenant d'emblée le service du Russe. Piqué au vif, celui-ci tentait de faire son retard dans la foulée. Mais aucune des quatre balles de break qu'il allait se procurer au second jeu ne portait ses fruits et après un jeu long de 10 minutes, le Français confirmait son break d'avance (2-0). Une avance que le Biterrois allait parvenir à conserver jusqu'au bout de ce second set, malgré la résistance acharnée de Safin et quelques fautes grossières de Gasquet, qui lâchait dans la nature deux smashes somme toute faciles. Un gâchis sans grande importance puisque le leader des Bleus s'imposait au final 6 jeux à 4 dans ce deuxième acte presque aussi superbe que le premier. Le suspense de la pièce étant totalement relancé, restait à savoir lequel des deux héros allait prendre le pas sur l'autre. Averti du danger qu'il y avait à lâcher son engagement d'entrée de manche, Safin ne réitérait pas une telle erreur. Au contraire, le Russe profitait d'une volée de revers très approximative du Français pour lui dérober son service et se détacher irrémédiablement (1-4). D'une efficacité diabolique au service (60% de premières balles et 90% des points gagnés sur celles-ci), le Russe n'offrait alors pas la moindre petite opportunité à Gasquet de lui prendre une 3e fois sa mise en jeu. Résultat, Safin remportait cette troisième manche (6/3) le plus logiquement du monde.

L'effondrement du Français
Placé dans la situation de devoir servir le premier, Gasquet prenait son courage à deux mains et résistait alors héroïquement aux assauts désordonnés d'un Safin beaucoup plus régulier sur son service qu'en retour, où fulgurances et fautes directes se mêlaient dans un drôle de tourbillon. Arrivé à 4 partout sans qu'aucun des deux joueurs n'aient eu à sauver la moindre balle de break, on pensait bien que le Français était parvenu à faire basculer la rencontre dans un 9e jeu à la dramaturgie assurée. Mis dans la situation d'avoir à sauver deux balles de break, le Biterrois sortait de son chapeau magique une volée extraordinaire, puis un service gagnant précieux. Pas démobilisé, le Russe s'offrait une 3e, puis une 4e possibilité. Sur cette dernière, le 16e joueur mondial réussissait un prodigieux revers croisé qui laissait le Russe pantois. Peut-être touché au mental par ces échecs à répétition, Safin perdait cinq jeux plus tard la manche au terme d'un tie-break majestueux de Gasquet (7 points à 1). En transe, le Palais des Sports de Pau n'allait cependant plus pouvoir sauver son chouchou, qui venait lors de cette 4e manche d'user de ses derniers feux. Carbonisé physiquement, le Français regardait les jeux défiler les uns après les autres à vitesse grand V. 1-0, 2-0, 3-0, 4-0, 5-0... Heureusement, pour l'honneur, il remportait son service avant de voir Safin lever les bras au ciel, soulagé de l'emporter et d'apporter le premier point à son équipe. Au micro de France 3, Gasquet reconnaissait alors sans peine la supériorité de son adversaire : «J'ai fait mon match aujourd'hui et le mérite de la victoire lui revient. Il est vraiment très fort sur cette surface.» Tous les espoirs français reposent donc maintenant sur Arnaud Clément, qui n'aura pas la partie facile face à Davydenko.

Programme et résultat de la journée de vendredi
Safin (Rus) - Gasquet (Fra) 7/6 4/6 6/3 6/7 6/1

A suivre
Clément (Fra) - Davydenko (Rus)

# Posté le vendredi 07 avril 2006 15:27

«En pleine confiance»

«En pleine confiance»
Face à la Russie, Arnaud Clément remplacera Sébastien Grosjean, blessé au dos. L'Aixois qui disputera les deux simples et le double en compagnie et Llodra sait qu'il sera attendu mais ne veut pas céder sous la pression.


Avec la Fédération française de tennis

Arnaud, on vous attendait en double et vous allez également disputer un simple demain contre Davydenko...
Arnaud Clément : Sébastien aurait dû jouer ce match s'il n'avait pas connu son petit « bobo » au dos. Pour l'instant, je vais disputer un simple demain, le double samedi, et après, on verra comment son problème au dos va évoluer. C'est dommage, parce que l'on est un peu affaibli. Car même si j'ai obtenu de bons résultats en simple récemment, Sébastien avait également bien joué. Mais je me sens en pleine possession de mes moyens, en pleine confiance. Je n'ai pas peur d'affronter Davydenko demain (vendredi), et pas davantage d'enchaîner avec le double de samedi.

C'est le genre de challenge qui vous plaît en Coupe Davis...
Arnaud Clément : Chaque rencontre est un challenge, mais affronter un Top 10, ça l'est encore plus. On sait que toutes les journées vont être importantes, mais demain le sera tout particulièrement. Il faudra bien commencer, bien attaquer cette rencontre. Tous les points seront durs à remporter, mais on a nos chances sur les deux simples de demain.

Cela fait un an et demi que vous n'avez plus disputé de simple à enjeu en Coupe Davis. Cela vous inquiète ?
Arnaud Clément : Non, pas du tout. J'ai toujours été en contact avec la Coupe Davis, en disputant le double. La pression qu'il peut y avoir en double est au moins similaire à celle des simples. Le fait de retrouver une place de titulaire en simple dans les conditions tennistiques dans lesquelles j'évolue actuellement ne me fait pas peur.

Vous êtes un peu le pompier de service de l'équipe...
Arnaud Clément : Non, je ne pense pas que cela soit le cas. Chaque joueur doit être capable de répondre présent s'il est appelé en renfort ou en remplacement à un moment donné. Aujourd'hui, c'est moi. D'autres joueurs ont connu cette situation dans un passé récent. Si on a l'ambition de regagner la Coupe Davis, il faut que l'on soit capable de faire des changements de dernières minutes, d'aligner des joueurs polyvalents, qui soient capables de jouer en simple et en double. Quoi qu'il en soit, cette rencontre s'annonce très difficile. Tous les simples seront difficiles à gagner, le double aussi d'ailleurs.

Vous êtes actuellement en confiance. Vous venez de prendre un set à Federer à Miami, et vous êtes un des rares à avoir battu Nadal cette année. C'est très prometteur...
Arnaud Clément : Vous savez, prendre un set à Federer, ce n'est pas une grande performance. Une grande performance, c'est de le battre ! A Indian Wells comme à Miami, même si je n'ai pas disputé énormément de rencontres, j'ai joué quelques bons matches, y compris mes deux défaites, contre Tommy Haas, qui est l'un des hommes en forme du début de saison, et Roger Federer. Il y a eu de bonnes choses. C'était dans la continuité de Marseille. C'était ce que je voulais, continuer à jouer de la même manière. Aujourd'hui, c'est bien ancré. A moi de le montrer demain sur le court.

Avez-vous le sentiment d'être sorti du tunnel dans lequel vous étiez depuis quelques mois ?
Arnaud Clément : Cela a duré plus que quelques mois... Avec du recul, je me dis aujourd'hui que j'étais dans le tunnel. Alors que sur le moment, je ne me rendais pas vraiment compte. C'est clair que le tennis que je pratique en ce moment n'est plus du tout le même que celui qui était le mien il y a quelques mois. Même si c'était loin d'être nul ! J'étais quand même revenu parmi les 80 meilleurs mondiaux. Aujourd'hui, j'ai plus d'ambitions, plus de confiance. Je n'ai aucun complexe à affronter un Top 10.

Que pensez-vous de Davydenko, votre adversaire demain en simple ?
Arnaud Clément : Je ne l'ai pas vu cette semaine à l'entraînement, mais je sais comment il joue. J'ai mes schémas de jeu bien en tête. Je sais qu'il va camper sur sa ligne, frapper fort en coup droit comme en revers. Il va jouer très en rythme. A moi de trouver les solutions pour le déstabiliser.
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# Posté le vendredi 07 avril 2006 15:26

«Les faire douter»

«Les faire douter»
Comme en Allemagne, l'équipe de France ne partira pas forcément favorite face à la Russie en quarts de finale de la Coupe Davis. Une équipe qui n'a guère réussi aux Bleus ces dernières années mais Guy Forget estime que ses joueurs ont les cartes en main. Interview


Sport24.com : Guy, comment évaluez-vous le parcours de vos joueurs depuis la rencontre face à l'Allemagne ? Guy Forget : C'est mieux que ce qui s'était passé en Australie. Richard (Gasquet), depuis, a eu l'expérience de la dernière rencontre en Coupe Davis. Je pense qu'il est en meilleure forme physique et tennistique qu'il ne l'était à Melbourne. Seb (Grojean) a continué de gérer un peu son acquis. On a la référence du match gagné en Allemagne. Arnaud (Clément) a aussi gagné à Marseille. Il n'y a pas de raisons d'être inquiet par rapport à ce qui s'est produit ces dernières semaines.

Sport24.com : Comment voyez-vous cette rencontre face à la Russie ?
Guy Forget : Je pense que c'est un peu le même genre de physionomie que face à l'Allemagne. Sur le papier, ils sont plus forts que nous. On sait qu'il va falloir placer la barre assez haut si on veut les battre. Ce qu'on ne maîtrise pas, c'est la qualité de jeu que, eux, vont produire. Le gros point d'interrogation, il est là. Maintenant, nous ce qu'on sait, c'est que si on n'est pas audacieux, si on n'a pas une attitude de vainqueur tout au long du week-end, si on ne joue pas très bien au tennis, on ne peut pas battre ces mecs-là. Au moins, on est fixé par rapport à ça.

Sport24.com : Il y aura forcément un goût de revanche après les deux défaites face à cette équipe ces deux dernières années...
Guy Forget : Oui, il y a un goût de revanche. Mais vous savez, quand on va sur un match en se disant «on va prendre notre revanche, on va prendre notre revanche», on se crispe et on se détourne du principal. L'objectif en l'occurrence, cela va être, face à une équipe qui effectivement est plus forte que nous sur le papier, de produire un tennis de qualité qui va peut-être à un moment les faire douter. Vous savez, quel que soit le champion, quelle que soit la discipline, à partir du moment où un athlète commence à douter, se pose des questions, il devient vulnérable. C'est ce qu'on doit faire avant tout, faire en sorte que l'adversaire se pose des questions, imposer nos choix tactiques. Je crois que la balle est dans notre camp par rapport à ça. On a quatre, cinq jours pour améliorer notre niveau de jeu qui n'est pas mauvais. Maintenant, ce que je ne peux pas mesurer aujourd'hui, c'est la qualité du jeu adverse. Nous, on va mettre la barre très très haut, le plus haut possible en espérant que cela va suffire.

Sport24.com : Est-ce que les données vont changer parce que la surface sera différente ? Les deux dernières fois, c'était sur terre battue et vous aviez perdu. Là, ce sera sur surface rapide...
Guy Forget : Oui, ça change forcément un petit quelque chose. Déjà, le type de jeu pratiqué sera un petit peu différent mais pour autant, ce n'est pas la surface qui fait qu'on va gagner ou qu'on va perdre. C'est la qualité de jeu que les joueurs français vont être capables de produire et ça aujourd'hui, personne ne peut répondre à cette question, ni vous, ni moi, ni les joueurs. On sait ce qui nous attend, on sait qu'on aura le soutien du public, on sait que toutes les places sont vendues, la salle sera archi comble, à nous d'être à la hauteur de l'événement.

Sport24.com : Marat Safin revient après plusieurs mois de galère. Qu'est-ce que vous pensez de son retour ? Guy Forget : Moi, j'ai vu deux de ses matches, face à Davydenko. A chaque fois, il l'a battu. Revenir après une si longue période d'inactivité et battre un gars comme Davydenko qui fait partie du Top 10 aujourd'hui, c'est dire le niveau qu'il est capable de produire. Maintenant, après une longue période d'absence comme ça, loin des courts, on a forcément des petites baisses de régime, on ne peut pas être extrêmement constant pendant cinq sets avec un enjeu comme celui-là. A nous d'être patients, de savoir parfois encaisser des coups et à la moindre baisse de régime, de pratiquer un jeu offensif sur une surface qui sera rapide. Une nouvelle fois, je crois qu'il y a un coup à jouer même s'il faut le reconnaître, Marat Safin, quand il joue bien, est plus fort que nous. S'il se met à jouer sur un nuage ou comme il l'avait fait contre nous en finale à Bercy, il est quasiment impossible à prendre. S'il joue ce genre de tennis, à nous de gagner le double et de grappiller les deux points supplémentaires. Il y a de la place mais il faut qu'on place la barre très très haut.

Sport24.com : Il y a aussi un paramètre à prendre en compte, c'est que Richard Gasquet va jouer pour la première fois en France en Coupe Davis. La pression sera peut-être un peu plus forte encore...
Guy Forget : Je ne sais pas si la pression sera plus forte. Vous savez, quand il joue contre Tommy Haas alors qu'il n'avait pas gagné un match depuis plusieurs mois, devant dix mille personnes qui sont contre lui, face à un joueur qui le domine de la tête et des épaules sur le premier set et que je le vois terminer le match comme il l'a fait, je me dis qu'il est capable de choses surprenantes. La pression sera différente. Ce sera d'autres émotions à gérer mais en même temps, s'il arrive à puiser de la force dans ce public qui sera derrière lui quoi qu'il arrive... Avec une manche perdue, deux manches perdues, les gens ne seront pas là pour le juger mais pour l'encourager et le pousser du premier au dernier point. Oui, la pression sera là mais je crois que cela peut être une pression très positive.

Sport24.com : Ce sera votre 23e match en tant que capitaine de l'équipe de France et votre 7e année de capitanat. Le temps a passé vite...
Guy Forget : C'est vrai, le temps est passé trop vite, j'ai l'impression que j'ai commencé hier. En tout cas, je suis hyper motivé, très ambitieux, parce que je crois que c'est une équipe qui a quand même un très beau potentiel, qui sera plus forte encore l'année prochaine ou dans deux ans. Vous savez, moi, une nouvelle fois, j'ai été appelé par les joueurs. Je sais qu'ils ont envie de travailler avec moi et tant qu'eux et le staff seront comme ça, avec un souci de rechercher l'excellence sur le terrain, je n'ai pas trop de soucis à me faire sur l'avenir de ce groupe. Le jour où on pourra s'inquiéter, ce sera quand les garçons se tireront des balles dans les pattes, n'auront pas envie de venir au rassemblement, auquel cas le groupe risque d'éclater, moi avec. Pour l'instant, ce groupe est soudé et je crois que c'est une grande force.

Sport24.com : Jouer à Pau, où vous n'avez jamais perdu, est-il un facteur important ?
Guy Forget : Oui, en effet, on aime beaucoup aller à Pau. On a toujours été très bien accueillis. La salle nous a réussis, le public est formidable. Je crois que Pau est probablement la 2e plus belle salle de sports en France derrière Bercy. Je peux faire d'ailleurs passer un petit message aux maires de France. Je crois que toutes nos villes doivent se doter de salles comme celle de Pau. Si on va à Pau, c'est parce qu'un jour, quelqu'un a eu une vision de se doter d'une belle salle pour créer de grands événements et si l'équipe de basket de Pau a connu tous ses succès, c'est en partie grâce aussi à cette magnifique salle. Mais vous savez, le succès de cette équipe de Coupe Davis dépasse le cadre d'une ville plutôt qu'une autre. On a joué à Nantes, à Strasbourg, à Limoges avec des publics extraordinaires. Il se trouve que la salle de Pau est magnifique et qu'elle se prête à ce genre de rencontres.

Sport24.com : Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, la Russie reste sur trois victoires face à la France. Qu'est-ce que les Russes ont de plus que nous ? Guy Forget : Ce qu'ils ont de plus aujourd'hui, c'est qu'ils jouent mieux au tennis. Marat Safin a déjà gagné des tournois du Grand Chelem, Davydenko est de manière régulière dans le Top 10. Ils sont physiquement plus percutants que nous, plus forts. Peut-être qu'un jour, on aura nous aussi des gars qui feront 1,93m, 90 kilos et qui seront capables de produire ce genre de tennis. Mais malgré tout, je crois qu'on a une belle carte à jouer. Ils ont aussi des lacunes et ce sont ces lacunes qu'on va essayer d'exploiter. Si on battait une petite équipe de Russie, on dirait «oui, mais». Moi j'aime battre des équipes sur le papier qui nous sont supérieures parce que notre mérite sera d'autant plus grand. Maintenant, on ne peut pas imaginer un tableau plus difficile que de jouer les Allemands, les Russes et éventuellement les Américains chez eux derrière. Mais tant qu'on gagne, moi, cela ne me dérange pas.
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# Posté le vendredi 07 avril 2006 15:21

C'est du sérieux

C'est du sérieux
Les quarts de finale de la Coupe Davis débuteront ce vendredi avec quelques belles affiches. Si la France a tiré le gros lot en tombant sur la Russie, l'Argentine aura également fort à faire en allant défier le champion en titre, la Croatie. Rien n'est fait entre les Etats-Unis et le Chili.


France-Russie, Acte III
«On ne peut pas imaginer un tableau plus difficile que de jouer les Allemands, les Russes et éventuellement les Américains chez eux en demies. Mais tant qu'on gagne, moi, cela ne me dérange pas». Au micro de Sport24.com, Guy Forget a vite fait de dessiner les grandes lignes de l'équipe de France pour cette Coupe Davis 2006. Avant de penser à affronter l'Oncle Sam, les Bleus devront donc écarter un autre poids lourd de la scène tennistique mondiale, la Russie, dès vendredi sur le taraflex de Pau. Forte de deux succès lors des deux dernières confrontations entre les deux pays, la sélection de Shamil Tarpischev est loin d'être la première venue. Même après une désillusion en demies l'année dernière, le groupe emmené par le très régulier Nikolay Davydenko pourra même compter sur le retour de Marat Safin, qui revient petit à petit à son meilleur niveau. Mais dans le Béarn, où la France n'a jamais perdu en quatre rendez-vous, les coéquipiers de Sébastien Grosjean savent que l'exploit est à leur portée s'ils parviennent à se transcender comme lors de leur récital contre l'Allemagne au tour précédent.

La Croatie en danger
De son côté, la Croatie ne sera pas non plus favorite pour remettre son titre en jeu. Le vainqueur de la dernière édition de la compétition aura même fort à faire pour défendre son bien acquis en décembre car l'adversaire qui se profile est actuellement en pleine forme : l'Argentine. Facile vainqueur de la Suède au tour précédent (5-0), les Gauchos montent en puissance au fur et à mesure que la saison sur terre battue approche. Ainsi, les fers de lance de la sélection sud-américaine ont profité de l'étape de l'ATP à Miami la semaine passée pour se refaire une petite santé sous le soleil floridien. David Nalbandian, demi-finaliste, et Agustin Calleri, stoppé en quarts, ont montré qu'il faudrait les prendre au sérieux dans les matches à venir. Mais tout cela ne fait sans doute pas peur aux Croates. Jamais vraiment favoris l'année dernière, les joueurs des Balkans n'avaient pas tremblé pour soulever le premier Saladier d'argent de leur histoire en venant à bout de leurs voisins slovaques, qui plus est à Bratislava. Mario Ancic, encore une fois associé à Ivan Ljubicic, très en jambes depuis l'annonce de son capitanat et sa finale à Miami face à Roger Federer, sait également qu'il aura l'avantage de recevoir à Zagreb. Un atout dont pourra également se prévaloir l'Australie qui a tout à perdre de son affrontement avec la mystérieuse sélection biélorusse. Surprenante tombeuse de l'Espagne au tour précédent (4-1), l'escouade de Max Mirnyi a soif de reconnaissance et pourrait bien s'offrir le scalp d'un autre grand de la compétition dès ce week-end.

Les Etats-Unis enfin au top ?
James Blake, Andy Roddick et les frères Bryan. Il n'y a aucun doute : la sélection américaine a vraiment de la gueule. En pleine possession de ses moyens, le premier joueur noir-américain à intégrer le Top 10 depuis Arthur Ashe est déroutant en ce début de saison sauf qu'il pourrait bien payer les efforts consentis depuis le mois de février. Côté «A-Rod», la forme n'est plus vraiment au beau fixe. Incapable de remporter le moindre titre depuis 2005, l'ancien vainqueur de Wimbledon a bien du mal à faire valoir son statut de prodige. En fait, seul le double composé par les frères Bryan peut actuellement offrir les garanties nécessaires à Patrick McEnroe. Face à des Chiliens emmenés par Nicolas Massu, lauréat de Costa Do Sauipe en février dernier, la meilleure doublette du monde pourrait être très utile au capitaine de la sélection américaine.

Les matches des quarts de finale :

Dès vendredi
France - Russie
Etats-Unis – Chili
Croatie – Argentine
Australie - Belarus
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# Posté le vendredi 07 avril 2006 15:11

Le «Tie-break Master»

Le «Tie-break Master»
En trois jeux décisifs parfaitement maîtrisés (7/6 7/6 7/6), Roger Federer a remporté la nuit dernière le Masters Series de Miami aux dépens d'Ivan Ljubicic. Le Suisse devient ainsi le premier joueur de l'histoire à réaliser deux années de suite le doublé Indian Wells-Miami.


«C'était définitivement un match très, très serré. Mais une fois encore, dans les tie-breaks, et plus particulièrement dans le second où je mène 4-1, Roger a joué de grands coups. Je me rappelle ainsi des tas de tie-breaks disputés contre lui et à chaque fois, c'était pareil, le scénario demeurait le même. Il parvient toujours à élever son niveau de jeu avec des coups gagnants sur la ligne et autres attaques fantastiques. Comme aujourd'hui finalement...» A l'issue de la finale du Masters Series de Miami, on sentait bien plus qu'une pointe de résignation dans les propos d'Ivan Ljubicic. Dans la bouche du Croate, il était presque question de fatalité. Fatalité face à un Roger Federer décidément au-dessus du lot et qui s'offre pour la seconde année consécutive le doublé Indian Wells-Miami, une grande première sur le circuit ATP. Fatalité également face à un joueur qui, même lorsqu'il n'est pas au sommet de son art, semble toujours posséder un coup d'avance sur son adversaire. Voire deux dès qu'il s'agit d'un tie-break. Et pourtant, après sa démonstration en demi-finale contre Nalbandian (6/1 6/2), on pensait bien que Ljubicic était le tennisman de la situation pour briser la série de 47 victoires d'affilée du Suisse sur le sol américain.

**Federer l'opportuniste **

Une impression confirmée par un début de match très serré entre les deux hommes. Bien que moins souverain sur sa première balle que depuis le début du tournoi, «Ivan le terrible» ne lâchait rien sur sa seconde, qu'il n'hésitait pas d'ailleurs à suivre au filet avec un talent d'équilibriste prodigieux (9 montées victorieuses sur 14 lors de ce premier set). En face, Federer ne paraissait pas au mieux. Nerveux, le numéro 1 mondial multipliait les fautes directes (22 sur cette seule manche) et il ne devait qu'au manque d'opportunisme du Croate sur les deux balles de break qu'il se procurait dans cet acte initial, de ne pas se retrouver à faire la course derrière. Deux occasions que Ljubicic allait pouvoir regretter lorsque le Suisse ne tremblait plus pour conclure le set au tie-break, 7 points à 5. Une nouvelle preuve de l'opportunisme inné du tenant du titre dans les moments décisifs qui brisait quelque peu la spirale de confiance du Dalmate. Résultat, celui-ci perdait sa mise en jeu au pire des moments, à 3 partout dans la deuxième manche. Allait-on assister à l'envolée de l'Helvète vers la victoire ?

**Mission impossible 3**

Pas du tout, car dès le jeu suivant, Federer égarait sa belle sérénité dans l'air floridien tout autant que son service. Revenu à hauteur, Ljubicic retrouvait alors toute sa superbe au service, alignant les aces et ne laissant que des miettes sur sa première balle (91% de points gagnés). Irrité par une décision du juge de ligne et visiblement toujours peu à l'aise avec le nouveau système du Hawk-Eye (les deux ralentis demandés par Federer s'avérant en sa défaveur), le «Fed Express» prenait d'un coup un sérieux retard sur son tableau de marche. Même les deux balles de set qu'il obtenait à 6-5, service Ljubicic, ne s'avéraient pas concluantes. Comme dans la première manche, les deux joueurs devaient donc se départager au tie-break. Et comme dans la première manche, le numéro 1 mondial retrouvait son efficacité coutumière pour conclure 7 points à 4. Avec deux sets de retard, la tâche du Croate devenait alors digne d'un scénario à la «Mission Impossible». Sauf que là nous n'étions pas dans un film et qu'accessoirement la ressemblance de Ljubicic avec Tom Cruise n'a rien d'évidente.

**3 degrés d'émotivité, un même résultat**

Néanmoins, la tête de série numéro 6 continuait de s'opposer à l'inéluctable avec une foi digne d'éloge. Pour la 3e fois, il conduisait donc son partenaire au jeu décisif. Mais à la différence des précédents, le Croate décidait de se rebeller. Ainsi, il se procurait une balle de set à 6 points à 5, après avoir inversé une situation bien mal engagée (4-2 quelques minutes auparavant pour Federer). Las, le Suisse décochait un service gagnant imparable pour l'annuler. Avant d'en planter un second en plein c½ur du Dalmate. Balle de match pour Federer. Service Ljubicic. La suite démontre que la chance sourit souvent aux meilleurs. Le retour un brin boisé du numéro 1 mondial paraît très léger. Tellement qu'il heurte le haut du filet pour venir mourir dans le camp d'en face. 7/6 7/6 7/6, la leçon prenait fin, même si la modestie habituelle du Suisse l'obligeait à modérer la portée de celle-ci : «Ce fut très dur. Je pense qu'il a vraiment mieux servi cette fois que la dernière à Indian Wells, et cela explique pourquoi la partie fut si serrée. Il m'a obligé à puiser dans mes réserves, et s'il avait réussi à jouer un tout petit peu mieux les points importants, le score aurait pu être exactement inversé (...) Il n'y a que dans le dernier tie-break que j'étais vraiment relax, car dans le second je ne l'étais pas du tout. Et dans le premier, j'étais juste normal. Vous savez, c'est difficile d'être toujours au même plan émotionnel toute une rencontre.» A voir le résultat pourtant, cela ne semble guère faire de différence. Roger Federer est plus que jamais le boss du circuit.

Résultat de la finale
Federer (Sui, 1) - Ljubicic (Cro, 6) 7/6 7/6 7/6
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# Posté le vendredi 07 avril 2006 15:09